Cette page est volé chez C. Drouet.

Superficie : 3051 hectares - Altitude : 173m

 



Cité en 1080 ARGENTOLIUM mot d'origine gauloise qui nous amène à admettre que ce village existait dès avant la conquête de Jules César. Traversé par la voie de Sens à Alise Ste Reine, des débris d'armes et de harnachement ont été découverts au 19e siècle laissant les traces d'un champ de bataille où a dû se passer un engagement entre César et Vercingétorix. Terre relevant du Comté de tonnerre et détenue par les Rougemont au 11e siècle.

 

Village de vallée, Agenteuil a recherché le voisinage de la rivière, sans toutefois s'établir sur son bord. Il s'est fixé dans ses parages assez loin d'elle pour ne pas avoir à en redouter les crues, mais assez près pour profiter des gués. En fait, la cause primordiale qui détermina le lieu de l'emplacement même des habitations doit être rattachée à la présence de la FONTAINE (grande mare d'eau vive) au pied de laquelle un magnifique LAVOIR monumental à 7 arcades a été construit en I834.

 

 

 



Le ruisseau de la grande fontaine vient baigner les murailles et les restes de fortifications de l'ancien château dont les murs ont 2 m d'épaisseur (mentionné en 1x74 et totalement détruit en 1414)

 

à côté desquelles on a bâti un CHATEAU au 19e siècle. Actuellement propriété privée, on remarque encore l'une des tourelles (pigeonnier) et quelques pans de murs anciens (15e )

 

 

EGLISE PAROISSIALE de ST DIDIER et ST LEU

 



 Eglise à trois nefs de la fin du XVe siècle et classée monument historique. (portail et nef fin 15e, choeur 16e avec baies flamboyantes, tour carrée en façade 16e). Autrefois entourée de son cimetière. Plan rectangle. Chevet polygonal. Longueur du vaisseau 34,50m. Largeur des nefs 17,65 m. largeur du sanctuaire 8,35m. Au-dessus du portail, on voit une grande fenêtre datant de la Renaissance et qui éclaire un vaste porche ou grande salle faisant autrefois partie de la nef, mais qui en est séparée aujourd'hui par une haute muraille d'un aspect nu et triste. Dans l'un des angles de cette salle, on reconnaît les gros murs du clocher dont la toiture, probablement, aura écrase en s'écroulant la voûte de la nef qu'on n'aura pas rétablie.

 

  C'est ce qui a motivé sans doute la construction de ce grand mur.
 A l'intérieur, longue nef avec deux bas côtés ; on en a muré deux travées il y a vingt ans. Arcades ogives en pierre profilées de deux larges moulures creuses. Voûtes à nervures nombreuses nécessitées par la largeur de la nef, piliers à moulures du XVIe siècle sans chapiteaux. Le chœur et l'abside polygonale à trois côtés offrent la même disposition. Dalle tumulaire d'un prêtre mort en 1559.Autres dalles du XVIIe. La grandeur de l'église laisse à penser qu'Argenteuil fut un des bourgs les plus importants du canton. (740 habitants en 1854).

 

 

UN PEU d'HISTOIRE….. :

 



Argenteuil a porté divers noms dans les pièces écrites au cours des siècles : Argentoilum (IXe), Argentolium (XIe), Argentullum, Argenteolum (XIIe), Argentueil, Argental, Argentoel, Argentuil (XIIe), Argentuel (XIIIe) Argenteul (XIVe), Argenteüil (XVIIIe)
En réalité, tous ces noms dont beaucoup doivent résulter de faute de copistes ou de scribes, dérivent d'un vieux mot : Argentoialos. Celui-ci est, de toute évidence, d'origine gauloise formé de deux parties : argento qui signifie "argent" et ialos qui signifie "espace découvert", "clairière". D'ordinaire, on traduit ce mot, car .il existe plusieurs Argenteuil ou similaires en France, par "Clairière de l'argent" et, de fait, on a remarqué que nombre de ces localités avoisinaient des exploitations ou, tout au moins, d'anciennes exploitations argentifères Il ne semble pas que ce puisse être le cas de ce village : le terrain, l'histoire, l'étude des lieux ne se prêtant aucunement à une telle hypothèse. Argenteuil est essentiellement un pays de culture et semble l'avoir toujours été. Il semble , que le radical argento doit être pris au sens figuré et le mot gaulois argentoialos traduit par "clairière blanche" dans ce cas particulier. Et, de fait, pour qui connaît Argenteuil, cette expression s'applique admirablement à ce coin du Tonnerrois : l'été, au moment de la sécheresse, une poussière blanche soulevée par le vent, les attelages et le pas des troupeaux, poudre les champs, les buissons et la lisières des bois en leur donnant un aspect blanchâtre très caractéristique. De plus, la pierre y est extrêmement blanche et, par suite, il en est de même des constructions pour lesquelles on l'emploie.

 

Argentueil est certainement un village très ancien. Tout d'abord, le fait que ce mot est d'origine gauloise nous amène naturellement à admettre qu' Argenteuil existait dès avant la conquête de Jules César, c'est à dire antérieurement à l'an 52 avant Jésus Christ. On peut ainsi admettre qu'il a été pour le moins construit au cours du IIe siècle avant Jésus Christ. Il est bien évident que la plaine bordée de coteaux plus ou moins resserrés au fond de laquelle le village a été édifié était, aux temps paléolithiques, le lit d'un grand fleuve dont les eaux remplissaient cette plaine en entier. Plus tard, au cours de la période néolithique, sous l'influence d'un climat plus tempéré et plus sec, les eaux se sont retirées peu à peu laissant place à une vallée dont la partie inférieure, parcourue par le maigre Armançon, reste du fleuve préhistorique, se trouva constituée par des terrains d'alluvions recouverts de marécages.
Argenteuil est un village de vallée et possède les caractères essentiels de ce mode d'habitat que nous allons voir. I1 est situé clans une courbe de la vallée. Cette vallée, lieu des premières cultures permettra par la suite l'accès sur les terres du plateau. Les pentes adoucies du coteau seront plus tard un terrain propice pour la vigne. Enfin, bordant le tout, la forêt sera l'auxiliaire indispensable à la vie villageoise : il s'agit bien là d'une clairière au milieu des bois. Comme tous les villages de vallée, si Argenteuil a recherché le voisinage de la rivière, il ne s'est pas établi sur son bord même comme les vrais villages ripuaires ; il s'est fixé dans ses parages assez loin d elle pour ne pas avoir à en redouter les crues.
Argenteuil présente donc tout à fait les caractères d'un village de type des plus anciens et c'est ce qui nous a permis de dire qu'il devait remonter aux premiers âges de la Tène.

 

 

Argenteuil possédait un vignoble important !

Le Vignoble d’Argenteuil

 



Le Tonnerrois connais des racines viticoles ancestrales dont l'apparition s'effectua autour de l'église de tonnerre avec la fondation de l'hôpital " Marguerite de Bourgogne" qui porte le nom de sa fondatrice. Cette dernière fit don en 1293 d'une vigne. L'engouement qui suivit ne tarda pas à entraîner le Tonnerrois dans ce genre de culture dont le produit alimente plus les espérances qu'il ne nourrit l'individu.
Le vignoble d'argenteuil n'est sans aucune mesure comparable à celui de tonnerre mais en 1788, il s'agit de la seconde source de revenu pour l'état après les pâturages sur la commune. Le vignoble local couvre 102 arpents soit environ 43 hectares , il est situé sur les versants des collines partagé en huit zones sur le plan de 1784. L'implantation la plus importante se situe dans le Val BALCEY et en BRICONS, bien qu'il n'existe plus une parcelle aujourd'hui dans ces contrées. C'est aussi la plus anciennement connue, en effet en 1321 Jeannette, fille de feu Vallet d'Argenteuil, écuyer, possède deux vignes en Val Balssé (Notes du Dr Luquet )
Ensuite viennent les vignes situées en Champagne qui bénéficient du meilleur ensoleillement. En1483, le Seigneur Claude Mandelot possède 60 ouvrées dans ce climat. En 1721, 79 arpents de vignes appartiennent au habitants de la paroisse et 6 arpents au seigneur du lieu.
En 1770, l'état général des biens du seigneur d'Argenteuil fait état d'une vigne contenant 36 ouvrées situées au climat de la côte de champagne.

 

Dans le château, une grande écurie sert de bergerie et renferme aussi le pressoir banal. Le droit de banalité est un droit en vertu duquel le seigneur peut obliger te paysan à pressurer sa récolte de raisin au pressoir, moyennant une redevance. En contrepartie le seigneur est obligé de tenir les bâtiments en état de fonctionner.
En 1890 après l'apparition du phylloxéra une enquête est menée sur l'introduction de cépages américains dans les arrondissements d'Auxerre, Joigny, Sens et Tonnerre. Cette dernière ne donnant aucun résultat, les communes sont consultées sur ce sujet. Par délibération du 1er juin 1890, le Conseil Municipal d'Argenteuil se prononce contre l'introduction de tels cépages, ce qui auraient pour eux comme conséquence, la propagation du phylloxéra et la destruction du vignoble. En outre, le conseil émet le vœu que toutes les boutures en pépinière soient détruites et les locaux désinfectés.
En 1896 on assiste à un retournement de situation. La maladie progressant, le Conseil Municipal décide l'autorisation de l'introduction de cépages américains et va même jusqu'à en commander.
C'est hélas trop tard pour le vignoble d'Argenteuil qui décroît énormément comme le montre le tableau suivant : Aujourd'hui, après le Phylloxéra et le mildiou, il ne subsiste que 21 ares de vignes lesquelles produisent une moyenne de 4 hectolitres par ans à des fins familiales. Il est bien finit le temps ou Argenteuil exportait son vin à Paris…

 

 

Autre lien d'interet?